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23/01/2025 - #Renault

Fonderie de Bretagne demande son placement en redressement judiciaire

Par AFP

Fonderie de Bretagne demande son placement en redressement judiciaire

(AFP) - Environ 200 salariés de la Fonderie de Bretagne étaient présents mercredi devant le  tribunal de commerce de Rennes, où la direction de l'ancienne filiale du constructeur automobile Renault a demandé son placement en redressement judiciaire, avec 350 emplois en jeu.

La Fonderie de Bretagne (FDB) a été placée le 15 janvier en cessation de paiements. Lors de l'audience de mercredi, qui a duré environ deux heures, sa direction a demandé le placement en redressement judiciaire avec recherche de repreneur, a indiqué son directeur général Jérôme Dupont. "On se bat maintenant pour sauvegarder l'entreprise dans ce nouveau contexte", a-t-il déclaré à des journalistes. "La position de Renault dans le dossier reste centrale", a estimé M. Dupont.

La décision du tribunal est attendue ce jeudi.

Venus du Morbihan dans quatre cars affretés par la CGT, des salariés se sont rassemblés devant le tribunal le temps de l'audience.
Ancienne filiale du constructeur au losange, FDB avait été vendue en 2022 au fonds d'investissement allemand Callista Private Equity. Mais le groupe automobile est resté le principal client de la Fonderie, représentant 95% de son chiffre d'affaires en 2024.
"On est venu il y a deux ans quand Calista a été choisi" pour reprendre FDB, "on ne veut pas que l'histoire se répète et que le tribunal valide n'importe quel plan" de reprise, a expliqué à l'AFP Maël Le Goff, secrétaire général CGT.

La moyenne d'âge des salariés est de 48 ans, avec des métiers très spécialisés. "ça va être difficile de se retourner", s'est inquiété Maël Le Goff.
Placé en activité partielle comme l'ensemble de ses collègues, "depuis lundi, on est à la maison", a raconté à l'AFP Patrick, 58 ans, dont 13 chez FDB. "A priori il y a de l'argent pour payer les salaires jusqu'en avril", espérait-il. "On n'a pas grand espoir, ça va être très compliqué", a estimé Catherine Le Ferrand, 60 ans, salariée depuis 2001 pour la restauration d'entreprise de FDB.

FDB, qui produit des pièces en fonte pour les suspensions et les échappements, avait entamé en juillet des négociations avec un autre fonds d'investissement allemand, Private Assets, pour sa reprise. Ce fonds, propriétaire d'un groupe de fonderies en Allemagne et en Espagne, Procast Guss, s'était engagé à apporter 11.000 tonnes de production au plan de charge, selon la direction de FDB.

Toujours selon FDB, Renault a refusé en décembre de s'engager sur des commandes futures, faisant capoter un accord de reprise par Private Assets.

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Réactions

L'histoire on la connaît. L'entreprise est rentable.
Pour autant et pour gagner plus Renault délocalise la frabication petit à petit.
Ensuite les chiffres parlent d'eux-mêmes : déficite.
La suite Renault ferme le site et entretien les locaux quelque temps puis s'en désinterresse.
Le site devient un friche industrielle non dépoluée.
Renault finit par revendre les locaux pour 1€ à la commune qui se retrouve avec une grosse m...e au milieux du village.
Et cette fois ce n'est pas l'église.
Au final l'état, la Région, le département et la commune vont payer pour requalifier le site avec nos impots.
En parallèle Renault paie des indemnités de licenciement aux employés ou un forfait (prévisionné de longue date) puis les Assédic prennent le relai pour les plus de 50 ans jusque 64 ans.
Une solution serait de nationaliser l'entreprise pour 1€ - parce qu'au final nous allons la payer cher cette entreprise - taxer fortement l'importation de la production équivalente.
La même stratégie peut être appliqué aux sites Michelin. Il serait alors simple d'imposer aux administrations et assimilées d'acheter les pneus à cette unité de production.
Pour cela il faut que le personnel adhère largement et que la rentabilité et la compétivité soit au rendez-vous.

@Gilles Bauvin 09:53
La deuxième phrase de votre commentaire est déclamée tel un postulat.
Je n'ai pas eu accès aux comptes de FDB mais je ne suis pas certain que votre affirmation soit avérée.
Ou bien Renault est sadique ?
Vous terminez par Michelin qui userait de la même stratégie alors que dans l'article précédent "Michelin justifie ses fermetures d'usines" il est clairement fait mention que les sites français perdent énormément d'argent, en d'autres termes, qu'ils NE SONT PAS rentables ; comme FDB, sans doute (?)

A Bruno : ou Renault est sadique.
J'ai connu un appel d'offre enberant chez un grand équipementier ou Renault a préféré notre usine en Pologne plutôt que celle en France malgré un prix paradoxalement plus élevé en Pologne (effet automatisation vs assemblage manuel).
La raison ? Amélioration de l'indicateur sourcing LCC (Low Cost Country)
Quand ce genre de strategie vous fait marcher syr la tête, coûte plus cher (mais l'acheteur a eu sa prime d'objectif) et conduit au final à faire fermer lesbsites de production France faute de charge...

@Gilles Bauvin
Vous partez d'un postulat que Renault est propriétaire du site de la FDB, mais il n'en est rien depuis 2022 (relisez bien : "Ancienne filiale du constructeur au losange, FDB avait été vendue en 2022 au fonds d'investissement allemand Callista Private Equity").
Renault est juste un (LE) client de la FDB, et c'est bien là qu'est le problème !
Donc Renault ne peut, comme vous le dites, revendre le site pour 1€ à la commune, ni même payer des indemnités de licenciement ou je ne sais quoi d'autre.
Et non, contrairement à ce que vous dites, Renault ne délocalise pas la fabrication petit à petit, car ce sont des pièces spécifiques pour les véhicules thermiques, et que l'ère électrique qui est sur les rails n'utilise plus ces pièces, il n'y a pas de ligne d'échappement sur un VEB.

@F&R 10:29
Merci pour ce témoignage renversant.
Ce n'est plus du sadisme, c'est de la connerie à l'état pur.

@Bruno : ou le terme est le bon.
Je sais que ces pratiques fortement en vigueur au début des années 2000 ont été remises en question, notamment suite aux nombreux suicides liés à la forte pression (l'un des plus marquant restant celui où la personne a fait le saut de l'ange au milieu de "la ruche").

@F&R
Si un tel objectif de sourcing LCC existe, il ne peut en effet qu'être contre productif, l'objectif personnel étant sans doute prioritaire sur celui de l'entreprise pour certains.
Je reçois chaque semaine de nombreux mails sur les transferts de sites fournisseurs, et il y en a dans tous les sens, que ce soit depuis la France ou vers la France (même si ce cas il est vrai reste assez marginal sur la volumétrie globale).

Je confirme les objectifs de sourcing LCC pour l'avoir vécu...
Chez un fournisseur français :
--> "Pour le design, il faut envoyer ça dans notre filiale indienne"
--> "Mais je dois mettre beaucoup plus d'heures qu'en France, ça sera + cher"
--> "Oui, mais ton taux LCC/HCC sera meilleur !"

Chez Stellantis :
--> "Je ne peux pas vous envoyer la consultation, vous n'avez pas de site LCC"
--> "Mais j'ai une usine dans LA MÊME VILLE que votre usine d'assemblage"
--> "Soit vous me trouvez une usine dans un pays LCC, Inde, Chine, Maghreb, soit je n'ai pas le droit de vous envoyer la consultation... même si vous êtes à Vigo comme nous"

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