Publicité
Publicité
21/02/2025 - #Bmw , #Byd , #Mercedes-Benz

Mercedes-Benz taille dans ses coûts et s'attend à une année morose

Par AFP

(AFP) - Après Volkswagen, Mercedes-Benz a dévoilé jeudi un plan d'économies de plusieurs milliards d'euros alors que le groupe perd du terrain en Chine et sur le marché des véhicules électriques au point de prédire une année 2025 encore plus mauvaise que 2024.

Le constructeur allemand a annoncé prévoir de réduire ses coûts de production de 10% d'ici 2027.
Le groupe de Stuttgart compte réduire la production dans ses usines, de 2,5 millions de voitures  en 2024, à entre 2 et 2,2 millions d'ici 2027.
Le plan ne prévoit pas de fermetures d'usines en Allemagne mais comprend la délocalisation d'une partie de la production allemande en Hongrie "pour tirer parti des coûts, environ 70% inférieurs à ceux en Allemagne", indique un communiqué.

Suppressions d'emplois
Pour le constructeurs de luxueuses berlines, il s'agit d'"intensifier les mesures d'efficacité à tous les niveaux" face à des marchés "difficiles", a déclaré Harald Wilhelm, directeur financier de Mercedes-Benz.
Ce plan pourrait inclure des suppressions d'emplois, avec des programmes de départs volontaires et de pré-retraites, a indiqué à l'AFP l'entourage de l'entreprise, qui emploie 166.000 personnes dans le monde, dont la majorité travaillent en Allemagne.   

Son concurrent Volkswagen a déjà annoncé en décembre 35.000 suppressions de postes et la délocalisation de la production de son modèle iconique, la Golf, au Mexique.
C'est toute la filière automobile allemande, pilier de l'industrie nationale, qui est dans la tourmente, écrasée par le recul des ventes en Chine et les difficultés du passage à l'électrique.
Mercedes-Benz avait amorcé un programme d'austérité dès 2019 pour réduire ses dépenses de plus de 20%, avec une stratégie privilégiant le haut de gamme. 
En novembre dernier, le groupe avait déclaré vouloir réduire ses coûts de "plusieurs milliards d'euros par an" en réponse aux difficultés du marché mondial de l'automobile.   

Illustration des difficultés : le bénéfice net annuel a plongé de 28,4% en 2024, à 10,41 milliards d'euros, selon les résultats présenté jeudi. 
Le cours de l'action du groupe perdait 1,5% vers 11H00 GMT.
   
Concurrence chinoise
L'année 2024 a été marquée par une chute des livraisons de véhicules du groupe, de 4%, qui ont eu un impact sur le chiffre d'affaire, en baisse de 4,5%.
Les voitures de luxe de la marque, qui permettent de réaliser les meilleures marges, ont eu moins de succès (-14%), alors que Mercedes-Benz s'était pourtant recentré ces dernières années sur ses véhicules haut de gamme.
En conséquence, le groupe a dégagé une marge de rentabilité des ventes de seulement 8,1% en 2024. Ce ratio ne cesse de se détériorer après avoir atteint 14,6% en 2022 puis 12,6% en 2023. 
Et cette rentabilité devrait encore se rétrécir en 2025, à un ratio attendu entre 6 et 8%, d'après le communiqué, qui prévoit une baisse "significative" 
de son résultat opérationnel pour l'année en cours.   

Ces prévisions moroses n'incluent pas la hausse probable des droits de douane promise par Donald Trump à 25% sur les importations européennes, qui devraient affecter les ventes des constructeurs allemands.
Mercedes-Benz possède une usine aux Etats-Unis, où il emploie près de 7% de ses effectifs mondiaux. Mais la moitié des voitures écoulées dans ce pays restent importées, d'après les chiffres du quotidien économique Handelsblatt.
En Chine, où la marque réalise un tiers de ses ventes, ses livraisons ont chuté de 7%. Mercedes-Benz y affronte la concurrence des marques locales de mieux en mieux placées telles que BYD, qui a profité de son côté d'une explosion de ses livraisons mondiales en 2024 (+41%).   

Le constructeur pâtit également de l'essoufflement des ventes de voitures électriques, notamment en Allemagne où la demande a chuté en 2024. Ses livraisons mondiales de véhicules 100% électriques ont dégringolé de 23%, à seulement 185.000 unités, soit moins de la moitié des ventes électriques du concurrent BMW.
Face à ces difficultés, le groupe a récemment revu à la baisse son ambition de ne vendre que des véhicules entièrement électriques à partir de 2030, soit cinq ans avant l'interdiction prévue par l'Union européenne.
Le patron de Mercedes, Ola Källenius, à la tête de l'ACEA, a appelé en janvier l'UE à renoncer aux amendes visant les fabricants ne respectant pas les objectifs de réduction des émissions de CO2 en 2025.

Partager cet article

Envoyer cet article à un ami

Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.

Réactions

Près de 500 000 voitures en moins, mazette, font pas dans la dentelle chez Benz !

J'ai le sentiment qu'en plus de la chute des ventes générale, de la concurrence chinoise, etc. nous sommes, à l'instar de Porsche, en train de vivre la fin d'une ère et du modèle automobile allemand de référence et que nous sommes en train de plonger encore plus dans la voiture utilitaire familiale de masse avec l'objectif d'y mettre le moins d'argent possible.
;0)

Tout à fait d'accord avec Luc, fin de la voiture plaisir (snif) et début de la voiture utilitaire (re snif).

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Autres articles

Analyse

Volkswagen en Amérique, 10 ans après le Dieselgate

Les semaines se suivent et se ressemblent pour l’industrie automobile entre l’entêtement de l’Europe, le ralentissement de l’électrification, la Chine qui cherche à exporter sa surproduction de véhicules électriques et les annonces successives du nouveau Président. Seulement ce dernier élément devient de plus en plus déstabilisant pour les industriels présents en Amérique du Nord et pour Volkswagen en particulier.

Constructeurs

CAFE 2025, pas de "pooling" pour Renault

Renault a estimé le coût de la règlementation CAFE en 2025 à 1 point de marge opérationnelle si rien n’est décidé rapidement par la Commission européenne. Luca de Meo a dit qu’il n’utiliserait pas la possibilité de rejoindre un "pool".

Constructeurs

Luca de Meo et la "potion magique"

Le plan de redressement de Luca de Meo centré sur le produit, sur un équilibre valeur/volume rigoureux et l’augmentation de la part du segment C a permis au groupe Renault d’afficher d’excellents résultats financiers en 2024. La marge opérationnelle a été de 7,6%, soit 4,3 milliards d’euros, "un record en 126 ans d’histoire", a souligné le dirigeant. Détail de ces performances.